Débats entourant l’objection de conscience : le cas du don d’organes après l’aide médicale à mourir au Québec

Julie Allard, Marie-Chantal Fortin

Débats entourant l’objection de conscience : le cas du don d’organes après l’aide médicale à mourir au Québec

Résumé

Depuis décembre 2015, l’aide médicale à mourir, une pratique au centre de nombreux débats éthiques, est légalisée dans la province du Québec, au Canada. Ce nouveau type de décès a créé un tout nouveau contexte pour le don d’organes, soit le don d’organes après l’aide médicale à mourir. Le prélèvement des organes s’effectue alors suivant le protocole habituel du don d’organes après décès cardiocirculatoire contrôlé (catégorie Maastricht III), un protocole qui suscitait déjà de nombreux questionnements médico-éthiques. En outre, l’amalgame des deux pratiques soulève de nouveaux enjeux éthiques qui peuvent se traduire par des objections de conscience chez les médecins directement impliqués dans l’aide médicale à mourir et/ou le don d’organes. Or, une telle objection de conscience peut-elle être acceptable ? Nous tenterons de répondre à cette question en trois temps : d’abord, par un bref historique de l’objection de conscience ; ensuite, par une revue des débats actuels sur ce sujet ; enfin, par l’examen, à l’aide de critères recensés dans la littérature, de cas où les médecins refuseraient de participer au don d’organes après l’aide médicale à mourir.

Summary

Medical assistance in dying, a much debated practice in ethical literature, is practiced since 2015 in the province of Québec, Canada. Its practice has opened the door to organ donation after medical assistance in dying. This type of donation is possible through donation after controlled cardiocirculatory death (Maastricht III category), a procedure that also raises many ethical questions. Combining these two practices raises new ethical issues and could therefore generate conscientious objections from physicians directly involved in medical assistance in dying and/or organ donation. Would conscientious objection be acceptable in this context? To answer this question, we present a brief history of conscientious objection, an overview of the actual debates on conscientious objection and we will examine the case of the physician who would object to participate in organ donation after medical assistance in dying using existing criteria.


Allard J, Forin M.-C. Débats entourant l’objection de conscience : le cas du don d’organes après l’aide médicale à mourir au Québec. Éthique & Santé; 2019 Sep; 16(3): 125-132

Deceased organ and tissue donation after medical assistance in dying and other conscious and competent donors: guidance for policy

James Downar, Sam D. Shemie, Clay Gillrie, Marie-Chantal Fortin, Amber Appleby, Daniel Z. Buchman, Christen Shoesmith, Aviva Goldberg, Vanessa Gruben, Jehan Lalani, Dirk Ysebaert, Lindsay Wilson and Michael D. Sharpe

Canadian Medical Association Journal

KEY POINTS

  • First-person consent for organ donation after medical assistance in dying (MAiD) or withdrawal of life-sustaining measures (WLSM) should be an option in jurisdictions that allow MAiD or WLSM and donation after circulatory determination of death.
  • The most important ethical concern — that the decision for MAiD or WLSM is being driven by a desire to donate organs — should be managed by ensuring that any discussion about organ donation takes place only after the decision for MAiD or WLSM is made.
  • If indications for MAiD change, this guidance for policies and the practice of organ donation after MAiD should be reviewed to ensure that the changes have not created new ethical or practical concerns. . .
  • [Full text]

Downar J, Shemie SD, Gillrie C, Fortin M-C, Amber Appleby A, Buchman DZ, Shoesmith C, Goldberg A, Gruben V, Lalani J, Ysebaert D, Wilson L, Sharpe MD.  Deceased organ and tissue donation after medical assistance in dying and other conscious and competent donors: guidance for policy. CMAJ. 2019 Jun 3;191(22):E604-E613. doi: 10.1503/cmaj.181648.